Paysages et filtres3-filtrer l'art

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Le Hun Kung te propose ce petit exercice: observe l’impact de l’art (ou des matériaux avec forte fonction artistique) sur ton corps, jusque dans tes hormones et les émotions qui en découlent. Adopte cette démarche et examine comment l’extérieur influence ton intérieur.

Par example, écoute pendant un moment des musiques romantiques, soit du genre: «Baby, I need you, Baby, baby I can’t sleep without you…”, ou bien «tu m’as trahis, je vais noyer mon chagrin dans l’alcool», ou des chansons plus poétique et subtile. Qu’importe la qualité esthétique, beaucoup de ces mélodies sentimentales transportent cette sorte de message à travers leurs harmonies séduisantes: «j’étais si heureuse avec toi, tu es mon grand amour, et maintenant je suis si triste, perdue et désespérée»…écoute et observe…quelle résonance envahit ton corps? Comment vibre-t-il? Quelles images te viennent en tête?...N’es-tu pas en train de te persuader de cette tristesse?

On peut aussi parler des jeux vidéo. Comment te sens-tu après avoir passé des heures à faire la guerre à des monstres ou des soldats suréquipés? Quelles impulsions montent en toi?...Ne ramènes-tu pas la dynamique de ce jeu vidéo dans ta vie?

Et lorsque tu lis les journaux ou regardes les informations demande à ton âme ce qui émerge en toi…et écoutes bien, car derrière ce discours narratif au langage rationnel, se cache une puissante fonction artistique. Penses-tu avoir le détachement nécessaire pour accueillir ce contenu de la manière la plus neutre possible? La peur, la tristesse, le désarroi ne viennent-ils pas te rendre visite?Sais-tu les tenir à distance, protéger ton espace intérieur?

...écoutes bien…

As-tu su conserver une certaine indépendance face à toutes ces attaques émotionnelles, ou bien observes-tu un indéniable sens critique une fois ton affect atteint? Et voyons bien là une limite à notre perspicacité, car il faut admettre qu’il est bien plus accommodant de faire preuve de son souveraineté par anticipation, en sentant venir le danger, qu’une fois inondé par lui, notre libre-arbitre étant touché, déjà altéré. C’est un peu comme jurer de sa lucidité en plein état d’ébriété…

Car en effet, l’art, est un dispositif profitable pour prendre conscience de comment construire sa propre perception du monde, de comment éduquer notre sens critique pour protéger et bien nourrir notre âme, une forme d’alphabétisation en quelque sorte, qui peut aboutir à une belle capacité d’agir sur le monde.

Et pour le Hun Kung, cet outil est très puissant et très avantageux, mais une fois encore, sous couvert de vigilance. On ne peut pas penser naïvement «qu’il n’y a pas de problème»; «ce n’est qu’une fiction»; «tout le monde regarde çà, quel est le problème?». Bien…mais, est-ce que «tout le monde» est sain, heureux et plein de confiance? Est-ce que «tout le monde» possède de bons repères pour son cheminement de vie?

Voilà peut-être que le défi le plus difficile dans la démarche de filtrer l’art est d’arrêter de suivre ce troupeaux qu’est «tout le monde». Le cheminement de l’âme est un chemin d’individuation, comme nous dit Jung. Pas de groupalisation. Et faire ce changement pour devenir un individu souverain touche notre mémoire animale, celle de l’instinct de survie, qui anime cette peur d’être loin de sa manade. C’est souvent là un curieux dilemme entre la santé et le bonheur de mon âme ou l’aspect bien sécurisant de faire partie de «tout le monde». Ces sont deux choix de vie, et je crois que les deux ont leurs avantages et leurs limites. On n’a que de choix….

A quelle matière je veux m’entraîner? Quelle expérience je veux reproduire dans mon paysage intérieur? Quel chemin je veux cultiver?