Paysages et filtres2-art et filtres

From Hunkung wiki
Jump to navigation Jump to search

Ainsi, nous venons de voir qu’il est possible de se construire des filtres soit par le biais de notre propre expérience, soit en s’appuyant sur celle d’un guide. Mais il existe un autre chemin: l’art.

Par exemple, si j’écoute une histoire quelle qu’elle soit, je vais la vivre. Pleinement, mon corps et mon mental vont réagir, se charger d’émotions et ainsi se forger une expérience qui n’aura pas concrètement été réalisée. Ainsi, si cette histoire retrace un danger, je ressentirais la tension de ce danger, si elle me parle de paix, je m’imprègnerais de la quiétude de ce sentiment. Elle peut m’amener à visiter la peur, la joie, l’amour ou bien la mort, et donner le ton, les couleurs à ma vision du monde. Et selon les histoires auxquelles j’aurais été confronté, je vais aimer les fées, détester les sorcières, être terrifier par le lion, que je n’aurais jamais croisé, ou bien chérir cet adorable koala que je ne connais pas…mais les filtres sont là, prêts à l’emploi!

Les histoires vont également nous construire une sorte de typologie des personnes que nous allons catégoriser selon leur archétype. Il y aura les bonnes et les mauvaises personnes, les gentil et les méchants. Le loup sera ainsi rangé soit chez les individus dangereux et sanguinaires, dévoreurs d’agneaux, soit chez les êtres affranchis, épris de liberté et de grands espaces…selon la nature des récits qui m’auront touchés. Et combien d’entre nous ont vu le loup? Pourtant la relation est établie. Je vais être fasciné ou atterré par le dahut ou bien le platipus (mais qui sont ces énergumènes? Existent-ils seulement?) et être certain que le serpent est affreusement mortel (combien de morts cause-t-il par ans?) et de ce fait définir ma perception de la vie et la conceptualiser.

Des études éthologiques montrent que c’est là un besoin humain de structurer notre réalité de manière efficace, d’établir des repères dans notre société, dans notre conscience collective. C’est là une façon de simplifier notre compréhension des choses, de facilité notre apprentissage, de nous préparer à la vie. Et c’est là un soutiens avantageux pour conscientiser les choses, s’apprêter à nos expériences futures et interpréter plus clairement les leçons de nos expériences passées.

Les histoires ou l’art sous toutes ses formes sont une forme de simulacre. Un peu comme pour les pilotes de chasse, qui pratiquent de nombreuses heures sur des simulateurs de vols très performants. Un exercice parfait pour se préparer efficacement à affronter la réalité, s’aguerrir et se forger une solide expérience en toute sécurité, limitant les risques et leurs conséquences dramatiques .L’entraînement trouvant sa finalité en allant se confronter au réel, en allant chercher des réponses authentiques!

En effet, l’art, les histoires, leur contenu et leur fonction artistique forgent et formatent profondément notre regard sur l’authenticité des choses, et le Hun Kung nous invite à cette prise de conscience.

Par exemple si l’on regarde la littérature populaire d’aujourd’hui, les films grand public, de quoi parlent-ils ? On y trouve beaucoup de misère existentielle, beaucoup de carences, beaucoup de pertes. On est très souvent dans le jeu de sauver le monde, de sauver quelqu'un ou de se débattre avec un adversaire . Et toujours cette solution miracle: détruire l’ennemi! Et c’est ainsi que l’on laisse pénétrer régulièrement dans notre réalité beaucoup de violences, beaucoup de choses toxiques et traumatisantes. Combien de guerres, de viols, d’assassinats, de torture avons-nous invités dans nos mémoires, comme autant de fictions aux parfums de réel?

D’un autre coté, il est des références (histoires, films ou musiques…) qui ont changé notre vie. Peut-être un personnage qui m’inspire et m’amène souvent à me poser la question : «que ferait-il à ma place dans cette situation?», ou bien le couplet d’une chanson qui me remémore une vérité profonde et puissante qui guide ma vie, ou encore une histoire qui m’a fait vraiment aider à réenvisager ma façon de penser.

Le Hun Kung porte son attention sur l’impact de cette relation avec toute forme d’art, sur notre corps, notre âme et leurs mémoires physiques et profondes et surtout des dégâts ou des bienfaits considérables qu’elle peut engendrer.